Quel monument pour Samuel Wanko.…

Quel monument pour Samuel Wanko.…-228

Situé au quartier Tamdja en plein cœur de ville de Bafoussam , le seul monument de la ville est très peu connu par le public pour cause, aucune indication n’est mentionné sur ce battisse  à la forme d’une tombe de pharaon. Certains estiment que le fait que le site de ce monument ne soit pas davantage aménagé et respecté est une manifestation d’un manque de respect en la mémoire de ce fils de la région de l’Ouest qui a donné sa vie pour la libération du Cameroun. Face aux nombreuses critiques des hommes de la presse, le pouvoir public a profité de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun pour passer quelques coups de peinture sur ce monument afin de lui redonner leur éclat. Certain citoyens se sont même donné le lux d’engager leur chantier à l’arrière plan du monument ; alors que Wanko de son vivant avait édifié à Bafoussam, Dschang et Foumban des monuments.  Pendant la célébration des activités du cinquantenaire de l’indépendance et de la réunification, d’aucuns attendaient voir d’autres monuments du genre érigés dans le chef lieu de la région du soleil couchant. Contre toute attente, le ton a plutôt été donné dans des zones périphériques que sont Bangangté, Bazou et Tonga. Quelle indignation pour le gouvernement cameroun.

 

Qui est Samuel Wanko ?

C’est le 8 juillet 1925 que Samuel Wanko a vu le jour à Batoufam. Aîné d’une famille de 7 enfants, il avait pour parents Moïse Wanko et Rebeca Komguep. Pendant ses études en hexagone, il se positionnait déjà comme un leader et dirigeait une revue, «L’étudiant Camerounais», qui donnait des informations sur le quotidien des Camerounais regroupés au sein de l’Association des étudiants Camerounais. Cette tribune leur permettait de dénoncer les abus des Français sur les populations camerounaises. C’est à partir de là que Samuel Wanko va faire ses premiers pas en politique, contre la volonté de sa famille, où il défendait les mêmes causes que l’Union des populations du Cameroun, Upc. En 1956, il se présente aux élections législatives et est élu député le 23 décembre à l’âge de 32 ans. Pendant son court séjour à l’Assemblée territoriale camerounaise, Atcam, Samuel Wanko avait comme cheval de bataille la prise en main de la pêche côtière par les Camerounais, au détriment des étrangers.

Il avait aussi eu à œuvrer pour que les paysans Bamiléké aient accès à de bonnes semences de maïs à l’instar de leurs pairs des autres parties du pays. L’histoire fait savoir que ses prises de position avaient fait de lui «l’un des plus farouches adversaires des décrets d’application de la loi-cadre du Haut-commissaire Pierre Mesmer.» Il était alors désormais dans le viseur de l’administration française et de ses propres frères qui étaient contre l’indépendance du Cameroun. Le 13 décembre, soit un an seulement après son élection à l’Atcam, Wanko est poignardé à mort à l’entrée de son village à Batoufam par un groupe de personnes. Il avait immobilisé son véhicule à cet endroit parce que stoppé par son oncle. Avant de rendre l’âme, il réussira à abattre, à l’aide de son pistolet, trois de ses bourreaux. Lors de ses obsèques à Batoufam, le gouvernement était représenté par Ahmadou Ahidjo, vice-premier ministre chargé de l’intérieur, qu’accompagnait le haut-commissaire Pierre Mesmer. «Wanko Samuel, du monde meilleur où vous vous trouvez, soyez notre guide et notre appui. Les fils du Cameroun ne vous oublieront jamais», avait prononcé Ahmadou Ahidjo dans son oraison funèbre. Plus de 50 ans après les filles et fils de l’oust attentent toujours que qu’un vibrant hommage soit rendu à la mémoire de ce martyr. Mais ne perdons pas de vu l’art est un anti destin.

 

Poalah.net

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